Cartel Brésilo-Belge Corps et Psychanalyse

Cartel Brésilo-Belge Corps et Psychanalyse

 

Qu’est-ce qu’un corps ? Qu’est-ce qu’un corps pour la psychanalyse ? Qu’en est-il du corps pour le sujet qui vient nous en dire quelque chose ? Le corps est le signifiant que nous avons en partage dans ce cartel qui fut créé avec Claude Jamart dans le prolongement d’un séjour de travail à Rio en septembre 2019. Comme praticiens hospitaliers, nous avons tous été pendant de nombreuses années à l’écoute de corps souffrants mais dans des contextes, des fonctions et des cliniques fort différents. Le fait que l’expérience d’une pratique hospitalière fasse socle commun entre nous tout en étant singulière pour chacun est une ressource pour notre cartel et situe son travail précisément dans l’entre-deux où le corps ne cesse de convoquer le parlêtre : de ce qui s’éprouve de plus familier à ce qui s’éprouve comme radicalement étranger. Nous mettons au travail la question du corps en lien avec celles de la jouissance (entendue comme les multiples façons dont le corps est affecté par le langage), de l’objet (objet à extraire, à perdre, au centre du nouage bordant chacune des jouissances), du symptôme et du Réel (comme impossible accès à la vérité, comme trou dans le savoir). S’il est acquis qu’aucune synthèse n’est possible entre le discours médical (discours de la science) et celui de la psychanalyse, cet écart semble aujourd’hui plus grand que jamais avec la promotion par le néolibéralisme d’un marché de soins et de techniques (notamment numériques comme l’intelligence artificielle) toujours plus performantes qui visent l’avènement d’une médecine totalement positivée s’adressant à un corps machinisé hors langage et hors subjectivité. Quels que soient les progrès de la médecine, on peut aisément prédire que la déception sera au rendez-vous parce que, comme parlêtres, nous ne pouvons être quittes du Réel qui, comme on le sait, ne cesse de faire retour - parfois cruellement. Le lieu d’adresse qu’offre l’analyse peut-il encore être celui où se dit cette déception, où le sujet peut consentir à cette perte et en élaborer quelque chose ? Comment le monde contemporain oblige-t-il (ou pas) les sujets à inventer de nouvelles modalités de nouer corps, langage, symptôme et jouissance et comment l’analyste peut-il aujourd’hui, à partir d’un symptôme, soutenir la construction d’un sinthome qui, suppléant au défaut de nouage, vienne opérer comme un des Noms-du-Père; ou encore permettre qu’au-delà de sa plainte ou de sa demande, l’analysant entende ce qui se dit de son symptôme inconscient et de sa jouissance et puisse, par l’amour de transfert, l’amener à condescendre au désir? Voilà certaines des questions qui vectorisent le travail que nous menons en nous soutenant de lectures variées – des séminaires de Lacan mais aussi de textes de S. Thibierge, M. Czermak, Ch. Melman, N. Braunstein etc.

 

Participants : Juliana CASTRO, Marc ESTENNE, Anne JOOS

Il s’agit d’un travail constitué mais encore ouvert à d’autres collègues qui pourraient être intéressés.

Lieu : Rio de Janeiro/Bruxelles

Contact : julianacastroarantes@gmail.com;anne.joos@gmail.com; marc.estenne@gmail.com