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Editorial – septembre 2026

Jeudi 03.09.2026

Une nouvelle année de travail associatif débute et il s’agit, avant tout, de saluer ces trois années passées autour de la présidence tenace et enthousiaste de Clotilde Henry de Frahan. Enthousiasme partagé par quelques autres et qui a permis la tenue de nombreux moments féconds : sur la transmission de la psychanalyse, le nœud du symptôme, la topologie, le plan hors sexe, le défi des états limites ou encore l’ordre numérique pour n’évoquer que les derniers travaux. Merci donc à Clotilde.

Le séminaire d’été sur Le transfert à peine achevé, c’est maintenant Ou Pire et Le savoir du psychanalyste que l’ALI propose à la lecture.

Que sait le psychanalyste ? C’est la question que nous posait le numéro 57 du Bulletin Freudien, il y a déjà près de 15 ans. Plusieurs parmi nous y avaient participé, tentant d’avancer sur ce paradoxe : Le savoir du psychanalyste vise le réel en tant qu’il se situe, dans le savoir même qui se construit dans la cure, le point où le savoir échoue.

Le social contemporain tend à produire énormément de savoirs sur les individus : statistiques, diagnostics, catégories, évaluations, neurosciences, algorithmes, profils comportementaux, indicateurs de performance, etc. La psychanalyse peut rappeler qu’il existe toujours un écart entre :
l’individu que les discours sociaux décrivent et le sujet qui parle. Et le psychanalyste peut avoir une fonction particulièrement précieuse : faire exister, dans les lieux où tout pousse à le réduire, le point de non-savoir et de non-maîtrise à partir duquel un sujet peut prendre la parole.

C’est de cette position éthique que nous tenterons de témoigner à nouveau frais durant les ateliers de cette année. Nous inviterons donc des membres – et peut-être des non-membres – à penser tout haut ce qui se joue dans cette pratique unique, mais en même temps multiple, comme ce qui, depuis quinze ans, s’est déplacé. Déplacement du sujet, qui parlerait moins de symptôme que de jouissance ? Déplacement du discours social, qui promouvrait tantôt la consommation, tantôt l’idéalisation du Réel ? Déplacement du Réel même, qui ne trouerait plus Imaginaire et Symbolique à la même place ?

Le programme des semaines à venir est également passionnant : Rencontre avec l’altérité, Soirée d’ouverture de l’enseignement, Journée inter-associative autour de Frédéric Worms pour penser Le moment du vivant et la pulsion de mort, journée consacrée aux Quatre discours et la jouissance avec Christian Fierens. Nous espérons vous y retrouver.

Géry Paternotte et Alexandre Beine.