Fous sensés ou sens des fous ?
de 8 h. 30 à 17h.
Lieu : W:Halll, Avenue Charles Thielemans 93, Woluwe-Saint-Pierre
Damien Hombrouck intervient lors de la Journée d’étude du service de santé mentale «La Gerbe».
» Derrière la créativité et la liberté qu’engendrent les interventions thérapeutiques et sociales, se joue très souvent, dans le pari de nos rencontres avec les patients, la mise en jeu d’une clinique autour de la sensorialité singulière, parfois sans nom, mais souvent improbable. Elle surgit dans nos pratiques de manière imprévisible et vient à la fois figer et faire nouage identitaire tant chez le patient que chez le thérapeute. Mais comment appréhender la folie dès lors que notre sensorialité propre est attaquée de toute part ?
Une partie de notre travail thérapeutique, à savoir éprouver, percevoir et construire, ne passe pas sans accueillir ce qui en forme son essence : la sensorialité. Dès lors, la folie n’est-elle pas un cas particulier du développement de ces sens ? La folie interpelle la sphère du soin psychique et sociale par leur inscription singulière dans le collectif, au travers, entre autres, de l’expression de leur individualité. Ils font force d’opposition à leur entrée dans l’espace du collectif par l’imposition d’un espace individuel partagé, pris d’assaut par leur sensorialité,par ce réel empiétant. Leur rythme, leurs sens, leur temporalité viennent effracter la prise en charge thérapeutique. Les intervenants psycho- sociaux sont sans cesse convoqués à des places surprenantes voire impossibles. Dans une dynamique pluridisciplinaire, nos équipes sont amenées à réinventer un lien social ni trop intrusif, ni trop lâche. Les patients sont à l’oeuvre pour nous remettre en question tant d’un point de vue social que d’un point de vue thérapeutique.
Cette journée va permettre de réfléchir ensemble aux dispositifs d’accueil et de soin qui nous placent dans l’inconfort et ce, dans un triple mouvement : celui du thérapeute, celui du patient et celui de l’environnement. Comment arriver à une transformation nécessaire par notre liberté créative des aspects traumatiques inscrits à même le corps ? »
Parmi les exposés:
« Sensorimotricité et symbolisation dans les médiations thérapeutiques pour patients psychotiques. » Par Anne Brun
« Danser la folie : comment parle le corps psychotique lorsqu’il danse ? » Par Silvia Lippi
Un temps de poésie avec Marie Darah
Plus d’information : Programme et inscription